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De donner le trône et le reste, contre un seul cheval camarguais. Le modeste Georges Brassens

Aussi curieux que cela puisse paraître, nous habitons seulement à 2 grosses heures en voiture de la Camargue et nous n’avions jamais eu l’occasion de nous y rendre.

Épave dans un étang

Le delta du Rhône, entre Salin de Giraud et les Saintes Maries de la mer est un réservoir exceptionnel et unique de biodiversité en France. C’est le territoire historique de l’exploitation du sel, avec ses marais salants et ses flamands roses.

Située au bord de la méditerranée, cette région unique en France et en Europe, est formée par le delta du Rhône. C’est une zone humide, protégée par un parc naturel régional.

Le nord est dominé par l’eau douce, on y cultive le riz. Le sud est sous l’influence du sel avec les marais salants de Salin de Giraud et d’Aigues Mortes. Entre nord et sud, on trouve des marais et l’étang du Vaccarès.

Les Salins

Venant d’Arles vers le sud, c’est au bout d’une route de 40 km, quasi rectiligne, longeant La rive gauche du Grand Rhône, qu’apparaît Port-Saint-Louis-du-Rhône, assez discrètement, derrière un paysage industriel sortant de terre et masquant la frange Littorale du golfe de Fos.

Un paysage sauvage s’offre au regard du visiteur se dirigeant vers la mer et vers les plages de la Gracieuse et de Napoléon.

Plage Port Saint Louis du Rhône

En tournant à gauche à la sortie du bac, on accède à la plage d’Arles : la plage de Piemanson.

C’est un spectacle saisissant qui s’offre à nous: la route est droite avec de chaque côté une eau rose nacrée qui indique la présence d’une algue microscopique, la Dunaliella salina, riche en Bêta Carotène dont sont friands les flamands et qui leur donne leur jolie couleur rose.

À Salin de Giraud, le Point de vue du sel, un univers rose, blanc et bleu permet d’admirer le marais salant dans son ensemble avec au loin les camelles , véritables collines de sel.

En 1855 un ingénieur chimiste lyonnais, Henri Merle acheta 8000 hectares d’étangs et de marais en vue d’ alimenter en chlorure de sodium et autres sels, son exploitation de Salindres dans le Gard.

En 1895, la société Solvay s’installe à son tour en raison de la bonne position du lieu. Le sel acheté aux établissements Merle permet la fabrication de la soude qui est transportée aux savonneries de Marseille par bateau via le Rhône puis la mer.

C’est à la fin du 19ème siècle que le village de Salin-de-giraud s’est développé près de l’embouchure du grand Rhône avec l’implantation de deux entreprises liées à cette activité, suscitant par ailleurs une forte migration de main d’œuvre étrangère (grecs, espagnols, arméniens, italiens …) .

Salin s’agrandit

Aujourd’hui le groupe les Salins emploie 50 personnes travaillant dans la saline qui représente 6000 hectares avec une production de 300 000 tonnes de sel par an. Ce sel est utilisé essentiellement pour le déneigement des routes en hiver.

L’eau de mer est prélevée en mer et circule dans différents bassins grâce à un système de pompage. Elle est ensuite dirigée vers les tables salantes, parcelles d’eau de mer rose nacrée grâce à la forte concentration en mollusque rose qui donne leur couleur aux flamands. Saturée en sel, l’eau va s’évaporer. La cristallisation du sel se produit et la récolte peut avoir lieu.

Les Oiseaux

Emblématique flamand

La Camargue de par sa situation sur le Delta du Rhône est le paradis des oiseaux. Le flamant rose en est l’oiseau emblématique mais il n’est pas le seul.

Elle compte environ 300 espèces d’oiseaux sédentaires (c’est un lieu d’hivernage) ou migrateurs.

Au cÅ“ur du Parc Naturel Régional de Camargue, le Parc Ornithologique de Pont de Gau invite à partager l’intimité de la faune sauvage.

Les hérons se camouflent

Le Parc ornithologique est le site idéal pour découvrir, observer et photographier de nombreuses espèces d’oiseaux, dont des centaines de flamants roses, dans leur milieu naturel.

Aigrette

Étang, marais, pelouses, roubines, roselières forment ce vaste espace de 60 hectares entièrement consacré à la découverte de la nature et des oiseaux de Camargue.

L’œil du héron

Les Manades

Excellent accueil à la Manade Cavallini !

Incontournable pour découvrir les traditions camarguaises, les manades permettent de découvrir au plus près les élevages de chevaux et taureaux de race Camargue, accompagnés par les gardians.

A qui la couronne de fleurs ?

Cornes en lyre

Le travail des éleveurs avec le taureau de Camargue est une histoire de famille. Les taureaux sont des animaux sauvages et fascinants qui ne trichent pas. Les manadiers et les gardians à leurs côtés, les considèrent presque comme leurs propres enfants et vivent à leur rythme.

Le respect de ces animaux francs et puissants qui vivent toute l’année en semi liberté, « chez eux », dans leurs pâturages est le moteur de leur relation. La finalité d’une manade est de « faire sortir » un grand cocardier du troupeau et de pouvoir ainsi valoriser le travail de toute une vie.

A la charge !
Cocardier

Des Saintes-Maries-de-la-Mer à Aigues Mortes

En venant d’Arles ou d’Aigues-Mortes surgit au milieu d’un paysage empreint de sel l’église fortifiée du XII ème siècle des Saintes-Maries-de-la-Mer.

Seul le clocher émerge au milieu d’une trame urbaine assez discrète de maisons ne dépassant pas un étage et laissant la primeur à l’expression de l’immensité des paysages et de lagune l’environnant.

Replié derrière une ligne de rivage confortée par des digues littorales aménagées en promenade de front de mer, le village vit essentiellement du tourisme balnéaire, de découverte de la nature, des traditions camarguaises et d’activités culturelles et religieuses.

Douce ambiance des Saintes-Maries-de-la-Mer

Située à 6km de la mer, Aigues-Mortes, ville médiévale fortifiée, affiche un prestigieux patrimoine.

Fortifications

L’histoire l’a ceinte de remparts impressionnants, quadrilatère de 1640 mètres flanqué de cinq tours admirables, dont la fameuse Tour Constance, et de dix portes préservant un patrimoine religieux incroyable.

Chilling

Nous n’aurons hélas l’occasion de grimper sur les remparts pour profiter de la vue sur les salins, des horaires ‘spécial COVID-19‘ en décideront autrement.

Les Surfers

Tout au long de notre séjour, nous alternerons les passages en bord de mer et en profiterons pour photographier les Kitesurfers.

Plein le dos !

Arles

Il est tant de reprendre le chemin du retour. Une pause déjeuner s’impose à Arles, et une visite dans la vieille ville au bord du Rhône.

Les arènes d’Arles sont un amphithéâtre romain, construit à Arles vers 80 après J.-C. On y organisait de grands spectacles et elles pouvaient accueillir 25 000 spectateurs.

C’est le monument romain le plus grand que l’on puisse voir en France. Les ingénieurs romains se sont inspirés du Colisée de Rome.

Les spectacles qui y avaient lieu était notamment des combats de gladiateurs. Les plus riches étaient devant, les citadins au milieu et les esclaves à l’arrière. Les arènes étaient équipées de vomitoires (des bouches d’accès pour que tous les spectateurs puissent rentrer ou sortir sans que cela prenne trop de temps).

Les derniers spectacles antiques ont sûrement eu lieu vers 550 ap J.C.

Ensuite, les arènes ont été utilisées au Moyen Âge comme place forte, occupée par des habitations et défendue par des tours carrées encore en place.

Le monument a été fouillé et restauré au XIXe siècle. Elles sont reconnues comme patrimoine mondial. Aujourd’hui les arènes d’Arles, comme celles de Nîmes, accueillent des spectacles et des corridas, ainsi que parfois des reconstitutions de combats de gladiateurs.

Le charme du vieux centre

C’est à Arles que s’ouvre le delta du Rhône.

L’eau est ici partout, que l’on soit au bord des quais chers à Van-Gogh où stationnent les bateaux de croisière sur le Rhône, en Camargue où elle affleure partout, ou le long des 50 km de littoral qui séparent les embouchures du Petit Rhône et du Grand Rhône.

A son tour Van Gogh inspire Arles

Ils sont 4 commentaires

  1. Annie Molinet

    Magnifique reportage, Thierry! J’aime la variété des thèmes qui se succèdent et montrent bien l’incroyable diversité de la Camargue et des villes qui l’entourent!
    Ne pourrais-tu pas ajouter une photo de Saint-Trophime, c’est un must pour Arles!

  2. Gilles Garcia

    Bravo pour les photos et pour le texte ! Ça m’a fait du bien de voir ou revoir ces endroits que j’aime.
    Je vais me plonger dans les autres destinations.
    Gilles (le papa de Valentin 😉 )


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